La situation à Genève. Die Situation in Genf

Depuis le début de l’année, CareInfo met à la disposition des ménages privés et des aides soignant.e.s migrant.e.s en Suisse romande, des informations juridiques et des possibilité de se mettre en réseau. Camille Stauffer, secrétaire syndicale du secteur économique domestique, parle de la situation à Genève.

Seit Anfang Jahr ermöglicht CareInfo auch Privathaushalten und Care-Migrantinnen in der französischsprachigen Schweiz Zugang zu rechtlichen Informationen und Vernetzungsmöglichkeiten. Camille Stauffer, Gewerkschaftssekretärin Bereich Hauswirtschaft, spricht über die Situation in Genf.

 

 

 


Camille Stauffer,

Secrétaire syndicale secteur économie domestique, SIT Genève

Quelle est la situation actuelle à Genève dans le secteur du travail domestique, particulièrement concernant les soins H24 ?
Un Contrat-type de travail (CTT) est en vigueur pour le canton de Genève depuis 2004, après une mobilisation du SIT, qui œuvre depuis plus de 20 ans pour l’amélioration des conditions de travail du personnel de l’économie domestique et pour la reconnaissance de ce secteur en tant que secteur économique. Aujourd’hui, les salaires minimaux genevois sont plus élevés que les salaires minimaux prévus dans le CTT fédéral. Ils ont été régulièrement négociés et augmentés, passant de fr. 18.20/h en 2004 à fr. 19.50/h en 2018 pour les employé.e.s « non qualifié.e.s ». La qualification des personnes travaillant depuis plus de 4 ans dans la branche est reconnue par une catégorie de salaire spécifique (pour en savoir plus cliquez ici). Le salaire horaire est actuellement prévu pour une semaine de 45h00. Le CTT fixe la rémunération des gardes de nuits avec un supplément de fr. 7.00 en plus du salaire horaire de base.

Quelles sont les conditions de travail spécifiques pour les personnes qui prodiguent des soins H24 ?
Lorsqu’une personne travaille et vit au domicile de la personne bénéficiaire de soins H24, la frontière entre temps de travail et vie privée disparaît. Alors qu’il serait justement nécessaire de renforcer la protection légale des travailleuses et travailleurs concernés par une telle situation, le travail domestique n’est toujours pas soumis à la Loi sur le Travail. Le vieillissement de la population et le développement de la prise en charge à domicile sont des phénomènes qui vont se poursuivre et méritent une législation plus contraignante. La zone de non-réglementation actuelle est inadmissible quant à la santé physique et psychique des personnes qui prodiguent des soins H24.

Que recommandez-vous aux travailleuses et travailleurs du secteur ?
Dans tous les cas, ils/elles ont intérêt à tenir un journal de leurs heures travaillées, et des soins prodigués pendant les périodes dites de « veille ». Cela leur permettra de faire valoir leurs droits en cas de conflit avec leur employeurs, ou de demander un salaire correspond au travail réellement effectué.

Comment la demande s’est-elle développée ces dernières années ?
Le vieillissement de la population et la volonté de rester à domicile le plus longtemps possible ont augmenté la demande en matière de soins. L’assistance à domicile ne peut plus être assurée par les proches-aidant.e.s, car celles-ci travaillent également à l’extérieur de la famille et du domicile. L’activité professionnelle des femmes a également augmenté la demande de solutions de gardes, que les systèmes de crèches peinent à absorber.
Les travailleuses et travailleurs de l’économie domestique pallient à ces lacunes de l’offre publique en matière de soins, qui ne répond plus aux besoins de la population. Le travail effectué au quotidien par les milliers de femmes employées dans l’économie domestique est d’une grande valeur sociale. L’assistance à domicile de personnages âgées, handicapées, malades ou des enfants relève des tâches de service public. C’est à défaut d’un développement suffisant du service public que l’assistance à domicile devient un business sur le dos de femmes migrantes.

Quels sont les points chauds actuels dans le secteur de l’économie domestique ?
L’omission de mentionner les tâches de soins prodiguées par les travailleuses de l’économie domestique dans les textes officiels doit cesser. Le concept même de « travail 24 heures sur 24 » est choquant, et pourtant cette dénomination est régulièrement utilisée et considérée comme acceptable, notamment par le Secrétariat fédéral à l’économie. La juste rémunération des gardes de nuits, actives et passives, ainsi que des gardes de jour est également une revendication importante. Elle va de pair avec l’inclusion de l’économie domestique dans la Loi sur le travail.

Que fait le SIT pour améliorer la situation à Genève ?
La reconnaissance de la valeur des soins prodigués par les travailleuses de l’économie domestique est aussi un point central. Le travail effectué correspond à un travail qualifié, qui mérite un salaire correspondant. Le SIT a clairement exprimé des revendications en faveur de la reconnaissance des tâches de soins non médicaux pour le bien être des receveurs de soins, et a revendiqué la création de nouvelles catégories de personnel pour les travailleuses et travailleurs qui en plus de l’entretient du ménage, dispensent ces aides.
Avec plus de 1’000 membres dans ce secteur, le SIT peut se prévaloir d’une bonne représentativité et d’un expertise dans ce domaine. Il accompagne les travailleurs et travailleuses dans leur organisation collective pour obtenir les avancées légitimes mentionnées.

L’entretien a été mené par écrit.



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